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Mercredi, 29 juillet 2009
Posté par Equipe médicale 3
LA GRIPPE A H1N1 Etat des lieux
A partir de maintenant, la prise en charge de cette maladie est confiée aux médecins généralistes qui jugeront de la gravité et hospitaliseront au besoin, comme tous les ans pour n’importe quel grippe. La nouveauté, c’est les masques et les mesures d’hygiènes explicitées par les circulaires ministérielles et la presse (lavages des mains avec des antiseptiques hydro-alcooliques). On passera sur les antiviraux pour ne fâcher personne.
Se pose le paradoxe de ces mesures d’hygiène. La mauvaise question à se poser est « si cette grippe n’est pas plus dangereuse que les autres grippes, pourquoi ces mesures ? ». La grippe A (H1N1) est une grippe d’origine animale, porcine précisément. Un virus de la famille des virus de la grippe, jusque là spécifique au porc, a muté, s’est transmis à l’homme et a acquis la capacité de se transmettre d’homme à homme. C’était la crainte que l’on avait et que l’on a toujours pour le virus de la grippe aviaire (donc des oiseaux), mais ce dernier jusqu’à présent, ne passe que occasionnellement à l’homme et n’est contagieux d’homme à homme.
Pour les médecins, cette nouvelle forme de grippe, attendue, c’est l’inquiétude de voir surgir une forme particulièrement dangereuse de virus de la grippe. Il y a des antécédents comme la grippe espagnole ou la grippe de Hong Kong, mais la situation sanitaire n’était pas la même à ces époques (sortie de guerre, population affaiblie et dénutrie, moyens médicaux plus modestes). Cette inquiétude de voir une grippe dangereuse ressurgit tous les ans et n’est pas spécifique aux mutations sur des virus de grippe animale. Aujourd’hui, avec quelques mois de recul, il est acquis que cette grippe est dans ses symptômes et son évolution une grippe banale. Elle commence par une poussée de fièvre élevée, 39 à 40°, toujours associée à des douleurs de tous les muscles. Cette grippe A a la particularité d’être associée à une forte bronchite. La maladie dure une semaine. La fièvre dure donc également une semaine avec des pics de température à 40°. La guérison est spontanée, la toux persistant une dizaine de jours. Le traitement se résume pour tout le monde ou presque par des médicaments contre la fièvre. Les antibiotiques n’ont de place que dans les formes graves avec surinfection bactérienne (pneumocoque). Les antivirus (Oseltamivirs) ont à réserver aux sujets fragiles, ils seraient peut être efficaces mais ne sont pas primordiaux dans le traitement. Le vaccin va arriver, mais il n’est pas impossible que l’épidémie soit passée lorsqu’il sera disponible. Les vaccins contre le pneumocoque sont à envisager chez les personnes fragiles, susceptibles de surinfecter. Au passage, revacciner contre la coqueluche les adultes serait une heureuse initiative car cette maladie est fréquente et toute aussi dangereuse sinon plus que la grippe A. Le fait qu’il y ait moins de regroupement de personnes (pas de scolarité, une partie de la population en vacances) réduit la vitesse de propagation du virus. Les mesures d’isolement des groupes contaminés ont sans doute participé à ce ralentissement (et un peu à la psychose). A partir de maintenant, la prise en charge de cette maladie est confiée aux médecins généralistes qui jugeront de la gravité et hospitaliseront au besoin, comme tous les ans pour n’importe quel grippe. La nouveauté, c’est les masques et les mesures d’hygiènes explicitées par les circulaires ministérielles et la presse (lavages des mains avec des antiseptiques hydro-alcooliques). On passera sur les antiviraux pour ne fâcher personne. Se pose le paradoxe de ces mesures d’hygiène. La mauvaise question à se poser est « si cette grippe n’est pas plus dangereuse que les autres grippes, pourquoi ces mesures ? ». Personnellement, et cela n’engage que nous, la bonne question est : « Pourquoi dans notre pays, toute personne porteuse d’un germe ou d’un virus potentiellement contagieux, ou ayant été en contact étroit avec une personne contagieuse, ne porterait-elle pas un masque ». Pour des raisons d’économie, la sécurité sociale a déremboursé les visites à domicile, il y a eu trop d’abus. Résultat : les patients contagieux viennent aux cabinets médicaux ou dans les services d’urgence hospitalière et contaminent les autres. Les personnes infectées se déplacent souvent en transport en commun. De surcroît, il n’y a déjà plus assez de médecins généralistes pour assurer les consultations, les visites plus gourmandes en temps sont délaissées. Cela rend notre système de santé moins « hygiénique ». Si cette épidémie virale pouvait aboutir à une épidémie médiatique intelligente et moins confuse, qui modifierait nos mentalités, en l’occurrence protéger les autres de ses microbes, ce serait une grande avancée. Modifier les mentalités serait d’intégrer dans nos habitudes le port de masque par les personnes atteintes de maladie contagieuse, ou susceptibles d’être porteur du germe, et pourquoi pas, une vaccination antigrippale la plus appropriée possible chez les personnes voyageant d’un hémisphère terrestre à l’autre. On se protège bien pour soi-même du paludisme, de la typhoïde, de la fièvre jaune etc. On peut bien le faire pour les autres. Rétroliens
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